Gui Zhi / Rou Gui : être absolument tradi

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Bien souvent on associe à la tradition les notions de conservatisme et d’immobilisme. La tradition serait ce qui ne change pas, ce qui s’oppose au mouvement. Au contraire, la modernité se présente comme tournée vers le nouveau, constamment prête à se débarrasser des vestiges inopérants du passé. “Il faut être absolument moderne”, la formule de Rimbaud dans Une saison en Enfer semble aujourd’hui organiser nos schémas de pensée. Et pourtant la modernité n’est que tradition future…

 

Guì Zhī

 

Rou Gui et Gui Zhi, oh cannelle…

À l’époque de Zhāng Zhòng Jǐng (150-219), les pharmacologues ne faisaient pas de distinction entre Ròu Guì (Cortex Cinnamomi) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) ; par conséquent, le nom de Guì Zhī regroupait les deux ingrédients comme on peut le lire dans le Shāng Hán Lùn et le Jīn Guì Yào Lüè. De même, dans le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng, il n’est fait mention que de Guì Zhī. On y lit que le cannelier traite toutes sortes de maladies, nourrit et ravive le teint du visage et prépare l’action des autres composants de la pharmacopée en stimulant les divers influx internes et en promouvant la régénérescence du sang. Sa prise prolongée peut alléger le corps et empêcher son vieillissement : le visage devient plus joli et plus rayonnant.

Deux en un

Ces deux ingrédients sont utilisés aujourd’hui de façons distinctes dans la composition de pharmacopées en raison de leurs actions spécifiques. La tradition s’est étoffée.

Guì Zhī provient des jeunes rameaux du Cannelier de Chine, un arbre aromatique de la famille des Lauracées. Elle est principalement cultivée dans les provinces du Guǎngdōng et du Guǎngxī pour son parfum et sa saveur épicée. Elle favorise la transpiration, libère la Surface, réchauffe les méridiens et tonifie le Yang.

 

Ròu Guì

 

Ròu Guì, la « chair de cannelle » est la zone tendre la plus riche en huile, située sous la partie la plus externe de l’écorce du tronc des vieux canneliers. Elle tonifie le Feu, avantage le Yang, disperse le Froid, réchauffe, calme les douleurs, favorise la circulation dans les méridiens et mobilise le Sang.

Ainsi, Guì Zhī, qui est la partie la plus en périphérie de l’arbre, libère la surface et provoque la transpiration ; elle est utilisée lors d’une attaque de Froid externe afin de le faire sortir alors qu’il vient d’entrer dans le corps et qu’il se situe encore en superficie. Ròu Guì, qui est issue de l’écorce du tronc, c’est-à-dire du corps de l’arbre est préférée lorsque le Froid interne prédomine, elle va donc réchauffer l’interne lorsqu’il y a déficience de Yang.

Ne pas jouer avec le feu

Guì Zhī et Ròu Guì ayant toutes deux une action réchauffante doivent être utilisées avec précaution dans tous les syndromes de Chaleur, par exemple lors d’une insuffisance de Yin. Guì Zhī, qui active le sang et le Qi, est contre-indiquée pendant la grossesse.