La Fabuleuse histoire de la Fibula

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Il était une fois une agrafe. Oui une agrafe… pas un trombone, ni une punaise, mais une agrafe, à laquelle on ne prête que peu d’attention. Cette agrafe, d’abord appelée péroné, répond aujourd’hui au nom de Fibula.

Que son nom s’inscrive dans une filiation hellénique ou latine, tous s’accordent à reconnaître, en notre amie, une agrafe.

 

Anatomiquement, la Fibula se situe au niveau des membres inférieurs, voisine de palier du Tibia et à l’étage en dessous du Fémur, ces derniers faisant partie de la caste des gros os, carrément plus célèbre. Si le Tibia occupe la partie antérieure et légèrement interne de la jambe (zone considérée comme relevant du Yin), la Fibula, elle, loge dans la partie latérale et externe (zone considérée comme relevant du Yang). Si le Tibia est massif et bien campé (encore des éléments Yin), la Fibula est longue, légère et fine (et bien sûr ce sont des attributs du Yang, tout comme d’ailleurs « l’invisibilité » qui semble la caractériser).

Ça sert à quoi une agrafe ?

Une agrafe relie, attache, met en contact des tissus. Elle compose ainsi une unité entre des éléments épars. En haut de cette agrafe, aux abords du genou1, se situe le point 34VB appelé Yang Ling Quan, la « fontaine de la colline Yang ». Point de réunion (Hui) des tendons, il relâche tous les ligaments et tendons, et favorise le mouvement des articulations. C’est un peu comme si la Fibula orchestrait les tissus et fascias de l’ensemble du corps.

Charnière entre deux articulations, elle permet la transmission des mouvements du genou vers le pied, et du pied vers le genou. C’est pourquoi une douleur de genou (voire de hanche) peut provenir d’un problème de la cheville, et réciproquement. Il faut alors contrôler les deux extrémités, observer la liberté de mouvements en haut et en bas de « l’agrafe ».

Le Tuina de la Fibula de haut en bas

Les interventions en Tuina sur la Fibula sont définies par sa zone d’influence. Pour rappel, le sommet de la Fibula se connecte au genou. Ainsi pour toute douleur au genou, le praticien en Tuina peut être amené à vérifier la mobilité de la tête de l’os, en la tenant entre le pouce et l’index, un peu comme pour décapsuler une bouteille. Si la tête de la Fibula « résiste », un travail en Tuina viscéral sur le ventre et la vésicule biliaire peut s’avérer profitable : une fois l’entraille débloquée, les muscles et tendons pris en charge par le méridien de la Vésicule Biliaire (VB) se détendent et cela permet à la tête de notre agrafe de retrouver sa position.

En bas, la Fibula se termine par la malléole externe. Elle sert à stabiliser le pied, mais aussi à l’incliner et à exercer toutes sortes de mouvements (rotation, flexion, pronation, supination, éversion, inversion). Lors des mobilisations en Tuina, on vérifiera systématiquement la position de la Fibula en cas d’entorses, de fractures de la cheville, ou d’arrachements osseux.

Ainsi, il convient, au-delà de sa discrétion, de prêter attention à notre amie Fibula. Reconnue comme simple agrafe par les anciens, elle joue un rôle primordial dans notre stature, telle une vraie héroïne de l’ombre.

Manipulation de la tête de la fibula

 

 

 

 

 

1 : dans une dépression en avant et en bas de la tête de la fibula